La psychanalyse à distance, la thérapie à distance

La psychanalyse à distance, la thérapie à distance

La psychanalyse à distance

La psychothérapie à distance respecte-t-elle les mêmes règles que la psychothérapie en cabinet ?

A.K :Sur le plan du cadre oui, ce sont les mêmes règles : le même temps de séance, le même prix, la même méthode, le même procédé.

Quels sont les modes de communication utilisés ?

A.K : Le téléphone portable, les sms, messenger. Les nouvelles technologies sont des outils idéaux pour la psychanalyse. Au téléphone, par exemple, l’on est beaucoup plus sensible aux silences. Tout est amplifié, les sons, les exclamations, les impressions, les émotions…

À qui cette approche de la psychothérapie s’adresse-t-elle ?

A.K : Elle s’adresse à des personnes qui ne peuvent pas se déplacer pour des raisons matérielles notamment.

Un premier entretien en cabinet est-il nécessaire ?

A.K : Pas toujours. Ce n’est pas indispensable.

La qualité de la thérapie est-elle la même qu’en cabinet ? Peut-on établir le même lien avec un patient / un psychothérapeute ?

A.K : Elle est parfois meilleure car lorsque « le psy » (le psychanalyste ou le psychothérapeute) n’est pas physiquement présent, le patient se sent beaucoup plus libre dans sa parole. Il est parfois plus libre au téléphone qu’en cabinet, il ressent davantage d’aisance, de facilité. La modalité de la distance lui permet d’ « abstentifier » le psy et ainsi de mieux verbaliser sa souffrance et sa problématique. Oui, on peut établir le même lien qu’en cabinet. Le lien est différent mais tout aussi profond.

La psychothérapie à distance peut-elle se suffire à elle-même ou est-elle un complément de la psychothérapie en cabinet ?

A.K : Elle se suffit à elle-même. Cependant, elle peut compléter la psychothérapie en cabinet dans certains cas en particulier, notamment lorsque l’emploi du temps du patient ne lui permet pas de consulter en cabinet, ou en cas d’urgence. En cas de crise, la psychothérapie à distance permet un rendez-vous plus rapide.
Les délais sont beaucoup plus courts. C’est une méthode qui correspond davantage au monde actuel et à notre société où les besoins sont différents. Le patient est pris à vif. En cabinet, la vérité de ses sentiments est différée. Le caractère d’urgence donne une autre profondeur, un autre visage à la séance.

Quels sont les avantages de la psychothérapie à distance ?

A.K :La thérapie est beaucoup plus analytique et moins psychothérapeutique puisque la psychothérapie nécessite un face à face.

Alors que la psychothérapie à distance est répandue aux États-Unis et au Canada, elle est en revanche peu pratiquée en France. Comment expliquez-vous cette réticence ? Provient-elle des psychothérapeutes ou des patients ?

A.K : La France est toujours en retard et les États-Unis toujours en avance. Nous y venons lentement mais sûrement. Il y a beaucoup d’a prioris et de préjugés à propos de la psychothérapie à distance et beaucoup de rigidité de la part des psychanalystes. Je ne pense pas que Freud aurait hésité à travailler par téléphone en 2015. Les outils techniques participent des mutations sociales et il faut en tenir compte. La conception du temps a changé, tout est plus immédiat, la conception du temps a changé. La psychanalyse devrait s’adapter à cette immédiateté actuelle. On y gagnerait à utiliser les nouvelles technologies pour soigner les patients.
Pourquoi ne pas utiliser en psychanalyse les outils numériques que l’on privilégie aujourd’hui comme internet, les sms, etc.? C’est une preuve d’ouverture. D’autant plus que le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus nomade. Il faudra que la psychanalyse s’adapte à la société actuelle et au nouveau nomadisme du XXIe siècle.
La psychanalyse elle-même est en mutation. C’est une chance pour la psychanalyse si les outils de communication sont bien utilisés. On peut choisir un psychanalyste provenant d’une autre culture, d’un autre pays, c’est une opportunité extraordinaire. C’est un autre inconscient, un inconscient étranger. C’est une chance pour l’intelligence et pour la culture. C’est aussi une chance pour le psychothérapeute qui lui-même devient nomade.
Le nomadisme du XXIe siècle est une opportunité pour les sciences humaines et pour la civilisation. On s’aperçoit alors que les grandes problématiques de notre siècle sont les mêmes que l’on vive en Europe, en Asie ou aux États-Unis. On a atteint une crise du sens et c’est au psychothérapeute ou au psychanalyste d’orienter les patients vers une quête d’eux-mêmes. On ne peut plus se contenter de soigner, car la crise du sens est telle qu’elle sous-entend tout le cheminement psychanalytique quel que soit l’âge auquel le patient commence sa psychanalyse : crise idéologique, philosophique, religieuse, métaphysique. le libéralisme occidental ne suffit plus, la misère dans d’autres parties du monde encourage les gens à se poser de vraies questions et donc les psychanalystes ne sont pas là pour proposer du sens mais pour aider chaque être humain dans son cheminement spécifique, en son irréductibilité subjective, en sa singularité pour y apporter sa propre réponse.

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