L’exigence du devenir soi

 

L’Exigence du devenir soi

Aujourd’hui, les exigences individuelles se précisent et se développent, toutes les exigences ou presque toutes deviennent une revendication, un droit, le bonheur devient un droit, le droit au bonheur : une femme n’a pas d’enfant à l’âge de quarante ans, l’autre jeune femme n’a pas trouvé l’âme sœur “la bonne personne”, comme s’il n’y avait qu’une seule bonne personne pour chacun de nous. Comment devenir soi-même ? 

Ce jeune homme ne s’est pas accompli professionnellement à plus de trente-cinq ans, cet autre homme a commencé à vraiment exister après le décès de ses parents. 
Parfois, pour pouvoir supporter ces situations, les uns et les autres prennent des expédients, du cannabis ou autre produit toxique.

Plus le temps passe, plus ils deviennent sujets aux addictions de toutes sortes et plus la distance qui les sépare de leur idéal augmente. C’est qu’ils se figent au sein de leur problématique, au lieu de s’autoriser à entrevoir une solution, une porte de sortie.

Il y a d’une part, ce qu’ils éprouvent comme une impossibilité, à force de se figer et il y a d’autre part, parfois, voire souvent, une complaisance dans la souffrance, ce que les spécialistes appellent le symptôme. Jouïr de ses symptômes…

Tout cela se résume à une question d’image.

Question d’image… Allons-nous accepter d’abandonner l’image que l’on a de soi, celle que l’on renvoie aux autres pour se réinventer autrement ? Allons-nous nous aimer suffisamment pour se projeter dans la réussite et la joie d’exister plutôt que se limiter à une idée romantique et mythique du bonheur ? Enfin, accepterons-nous qu’exister c’est devenir un autre que soi-même, en se réinventent toujours plutôt que se complaire dans le même ?

Désirer, Persévérer, Renoncer à un certain confort psychique pour devenir libre, c’est accepter de « laisser passer le passé », de lui donner du sens, de le considérer autrement, de s’en déssaisir pour mieux le dépasser, de s’en saisir autrement pour renaître différemment.

A cette fin, il faudra intégrer la temporalité et quitter le règne de l’immédiateté. Et il faudra surtout accepter le travail analytique qui opère sur l’inconscient.  Il faudra accepter de se déplacer dans l’image que l’on a de soi et dans celle que l’on renvoie aux autres afin de devenir soi-même.